Les 28 et 29 septembre 2019, retrouvez-nous à la Foire Saint-Michel de Brest (29) !

Histoire

Jacques-Maximilien JANSELME était fabricant d'allumettes à Marseille. Son industrie prospérait et il vivait joyeusement, menant une existence bourgeoise et luxueuse. Il était propriétaire du Cirque de Marseille, qu'il exploitait avec des imprésarios, et également propriétaire exploitant des tramways à chevaux de cette ville. La fabrication des allumettes était libre en France jusqu'en 1872, date à laquelle elle fut affermée à une compagnie avant de devenir monopole d'État en 1890. Ce fut un coup terrible pour Jacques-Maximilien JANSELME qui fut contraint d'abandonner son usine mais continua à mener une grande vie ! Il roulait en calèche sur la Canebière, insoucieux du lendemain, il dépensait sans compter tout en ne gagnant rien. Il était très charitable et continuait de faire le bien sans se soucier de ses revenus qui s'amenuisaient gravement. Sa bonté était si grande qu'il lui arrivait de prendre une voiture pour faire travailler un cocher sans clients. Comme il n'en avait pas besoin et ne désirait aller nulle part, il réglait la prise en charge à l'automédon enchanté d'une telle aubaine. L'inévitable catastrophe ne se fit pas attendre. Il se trouva bientôt sans ressource, complètement ruiné, sans même pouvoir caresser l'espoir de retrouver une situation. Ne sachant que faire il s'installa sur les foires pour présenter sa femme en qualité de colosse : Madame JANSELME pesait 146 kg et mesurait plus de 1,90 m ! Les époux débutèrent à Nîmes avec un modeste entre sort. Lorsqu'ils allaient voir cette femme colosse les Nîmois s'écriaient avec humour : « Qu'elle est MIGNONNE ! » car Madame JANSELME en dépit de son exceptionnelle stature était très jolie. Les surnoms étaient à la mode à cette époque. Son époux se trouva bientôt qualifié de celui de MIGNON puisqu'il était le mari de la MIGNONNE !

L'exhibition ne rapportait guère et ce genre de travail ne leur plaisait pas. La vue de petits marchands de bonbons qui exerçaient leur négoce sur les promenades marseillaises les inspira. Un ami les encouragea et ils se mirent à fabriquer des berlingots. Jacques-Maximilien JANSELME les fit vendre par sa femme, en plein air, sur le très modeste éventaire que constituait une petite table. Plus tard, il installa un véritable banc et se mit à fabriquer les bonbons sur un marbre. Les berlingots étaient délicieux, la vendeuse pimpante, Monsieur JANSELME intelligent et courageux ne tarda pas à développer sa nouvelle et originale affaire. Il aménagea un grand banc volant avec des tourniquets que les clients faisaient tourner pour gagner de très gros berlingots. Une baleine indiquait les points amenés, il donnait autant de bonbons que des points indiqués ; le maximum était cinquante. Un orgue de belle dimension placé sur un chariot prolongeait l'étalage derrière lequel se tenaient Monsieur MIGNON et Madame MIGNONNE, leurs trois filles : Sidoine, Aurore et Cornélie. Ils étaient vêtus de blanc et portaient tous, hommes et femmes, une sorte de coiffe blanche dont le devant relevé à la Boulonnaise servait de fond aux six lettres de MIGNON brodées en rouge. Chacun d'eux portaient au front l'enseigne de la maison ! Les hommes armés de grands ciseaux de coupeurs d'habits taillaient les berlingots à même la pâte encore chaude, en scandant en mesure du bruit des lames de leurs outils sur le marbre, les airs que l'orgue moulait au fil de ses cartons perforés. Les femmes se tenaient aux roues que tournaient les clients et vendaient les friandises qu'ils gagnaient. L'ensemble de ces huit personnes, toutes pareillement vêtues, affairées devant ce banc très long, complétés par un orgue imposant ne manquait pas de pittoresque et attiraient la foule. Ce fut la réussite !

Jacques-Maximilien JANSELME protégea sa fabrication en déposant la marque des "BERLINGOTS MIGNON" puisque sa femme était la MIGNONNE. Cornélie la plus forte des filles pesait 110 kg. Sa corpulence comme celle de sa mère, ajoutait encore à l'attrait de leur curieuse confiserie. Elle épousa, à Nîmes, un sédentaire du nom de Monsieur POUZERGUE, qui ne tarda pas à abandonner la compagnie de chemins de fer qui l'employait pour se joindre à l'exploitation familiale. Monsieur POUZERGUE, entretenait des relations amicales avec la célèbre anarchiste Louise MICHEL. Ce fut un évènement lorsque "la Vierge Rouge" vint séjourner quelques jours chez eux à Montpellier portant dans un panier, son compagnon, un chat qu'elle emmenait partout avec elle. Pleine de méfiance, la police monta la garde avec vigilance autour de la voiture de la Famille POUZERGUE-MIGNON pendant toute la durée du séjour de la farouche révolutionnaire. Ils vivaient tous de ce métier. Ils parvenaient même à réaliser de petites économies à l'exemple de Socrate qui possédait un petit tube dans lequel il empilait des Louis d'Or. Lorsque celui-ci était plein, il déclarait, goguenard, en montrant son originale cassette : "je ne travaille plus, voilà de quoi passer l'hiver !". Il se maria avec Madame Rose MICHEL dont les parents tenaient un tir forain. Le jeune ménage monta alors à son tour sa propre baraque. Ils eurent onze enfants. Jacques-Maximilien JANSELME mourut en 1908 à MEZE dans l'HERAULT. Ses enfants se séparèrent et installèrent chacun leur confiserie, tous à l'enseigne des "BERLINGOTS MIGNON" ! L'un des deux, Maximilien II, se consacra aux exhibitions, tel Fernand RAKAKO, l'homme à l'estomac d'autruche ; Madame BABAULT la femme homard et des animaux exotiques. Il abandonna les entre sorts pour revenir à la confiserie. Il avait épousé Jeanne MARTEL, descendante d'une vielle famille foraine belge, dont les parents tenaient un panorama. Un de ses fils Carlos, épousa Marie-Jeanne AZEMA et succéda à son père. Son frère Spartacus et sa sœur Emilienne continuèrent le métier. Une des filles de Socrate, qui avait reçu le prénom assez inattendu de "LIBERTE CHERIE" épousa à SETE, Adrien TERME qui, après avoir tâté un peu de tous les métiers, avait même été laveur de bouteilles chez le député-viticulteur BARTHE. Il exerçait la profession de docker dans le port méditerranéen. Il était né en 1898 à la Seyne-sur-Mer, juste au moment où la poudrière avait sauté. Son père, mécanicien de la marine, était logé autour du chantier sinistré. L'amiral TISSOT fut son parrain. Socrate mourut en 1918 à Roman. Les jeunes époux TERME et leur belle-mère voyagèrent ensemble jusqu'en 1925. Ils commandèrent leur première baraque personnelle au spécialiste constructeur DEVOS. Adrien se trouvant trop à l'étroit pour exercer son nouveau métier dans les foires du Midi, décida de monter dans le Nord espérant que dans cette région il pourrait mieux y développer son entreprise. C'est ainsi qu’années après années, pendant dix ans, les MIGNON construisirent leur tournée d'Amiens à Calais en passant par Lille, Saint-Omer et Roubaix.

Grâce au travail, au talent de Liberté, à l'intelligence d'Adrien et au soleil de leur accent, les "BERLINGOTS MIGNON" se vendirent très bien. Après un retour précipité dans le Midi, dû aux évènements de 1939, c'est avec joie et enthousiasme qu'ils remontent dans le Nord dès la fin des hostilités. Syndicaliste convaincu, Adrien avait adhéré en 1920 à « L'AVENIR FORAIN » ! Il fut syndiqué en 1937 et c'est après la guerre qu'il participa à la formation du S.N.I.F avec DAMET, BAGET, BARON.... Il fut de ceux qui démarchèrent pour obtenir auprès du gouvernement de Vichy la réouverture des foires. A la fusion des syndicats, il fut élu administrateur puis vice-président, au côté de PAOLI de la nouvelle organisation pendant près de 30 ans. Sa fille Rose qui avait épousé Pierre LANZONI, forain, succéda dans la gestion de l'entreprise. Son fils Louis, mordu de cinéma, produisit et réalisa des films de cinéma tel que Le Bon Génie (univers poétique de la fête foraine), Les Filles de la Route (le trajet quotidien des ouvrières du textile) qui obtint le prix de la critique au Festival de Tours. Parallèlement Louis continua son métier de confiseur MIGNON dans les foires commerciales. Et dans la saga des "TERME" il est bon de signaler qu'un autre Adrien, un neveu, trompettiste virtuose chez RAY VENTURA, est chef d'orchestre actuellement au cirque AMAR et RANCY. Carlo JANSELME, MIGNON pour tous, lui aussi, est un syndicaliste militant ; il fut administrateur du syndicat ainsi que Joseph.

Il y a, en France, d'autres forains qui peuvent légitimement battre pavillon à l'enseigne des "BERLINGOTS MIGNON", car tous les anciens eurent des enfants qui, à leur tour, firent commerce de friandises. Les trois générations qui suivirent Jacques-Maximilien JANSELME, le fondateur, ont toutes hérité du droit à la marque du grand-père. C'est pourquoi, aujourd'hui, on trouve partout en France des confiseries MIGNON !

LES MIGNON UNE SACRÉE FAMILLE !

Jacques GARNIER

Agenda

JANVIER - FEVRIER : SAINT-MALO - FETE DE LA SAINTE OUINE
MARS : DINAN - FOIRE DU LIEGE
AVRIL : LAVAL - FETE FORAINE LES ANGEVINES
AVRIL - MAI : PARIS - FORIE DU TRONE
JUILLET : GUINGAMP - GRANDE FETE FORAINE
JUILLET - AOUT : ERQUY & MORLAIX - SAISON ESTIVALE
SEPTEMBRE : CHATEAUBRIANT - FOIRE DE BERE
DU 14 AU 22 SEPTEMBRE 2019 : PONT L'ABBE - FETE FORAINE DE LA TREMINOU
LES 28 & 29 SEPTEMBRE 2019 : BREST - FOIRE SAINT-MICHEL
DU 11 AU 27 OCTOBRE 2019 : MORLAIX - FOIRE HAUTE
DU 8 AU NOVEMBRE AU 1ER DECEMBRE 2019: ANGERS - FOIRE SAINT-MARTIN
DU 7 DECEMBRE 2019 AU 5 JANVIER 2020 : RENNES - FOIRE D'HIVER

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